• Statut : Professeur

Diplômé d’un doctorat en Sciences Economiques à Toulouse School of Economics (TSE), Luc ROUGE est responsable du département « Economie – Finance & Droit » de TBS depuis 2012. Auteur de publications scientifiques dans le domaine de l’économie de l’environnement et des ressources naturelles, il a créé l’option professionnelle « Sustainability Strategies for Business » en 2015…

Quel est l’objectif de cette option professionnelle ?

Cette option professionnelle est destinée aux étudiants concernés par les questions environnementales et climatiques, et qui pensent qu’en 2015 « business as usual » n’est plus tenable. La communauté scientifique (notamment le GIEC – Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs décennies, et peu a été fait jusqu’ici. En d’autres termes, des changements massifs doivent être opérés par l’économie mondiale – et en premier lieu par les entreprises – pour éviter des bouleversements majeurs. Cela ne se fera pas tout seul. Les entreprises ont donc de plus en plus besoin de cadres formés à ces enjeux, capables de proposer et de mettre en œuvre des stratégies innovantes de développement durable. Le fait que cette OP soit officiellement soutenue par un grand groupe comme VEOLIA, leader mondial des services collectifs liés à l’environnement, prouve que ce programme cadre bien mais en toute indépendance avec les besoins des entreprises.

Quels profils peuvent intégrer cette option professionnelle ?

Tout étudiant titulaire d’un M1 de TBS (ou d’un niveau équivalent) est susceptible de suivre cette option. Les seuls prérequis sont un goût pour l’innovation et un intérêt réel pour les questions environnementales et climatiques. Un stage préalable dans le développement durable est évidemment un plus, de même que la lecture régulière de sites d’information (comme novethic.fr, par exemple) ou de sites « institutionnels » (comme celui du GIEC).

Quels sont les points forts de l’option professionnelle ?

Le premier point fort de cette option professionnelle, à mon avis, c’est son sujet et les secteurs et fonctions vers lesquels elle conduit : il s’agit de changer les règles du business, de pousser ou d’accompagner les organisations vers une meilleure prise en compte de leur environnement naturel. Ça peut donner envie de se lever le matin…

Un autre point fort, ce sont les étudiants, et de façon générale, toutes les personnes impliquées dans l’option professionnelle  (intervenants, maîtres de stages, etc.). Dans ce secteur, encore réduit et peu visible, les gens sont souvent passionnés, et ont envie de transmettre, de partager.

Quels cours les étudiants vont-ils suivre ?

Cette option professionnelle a pour objectif de permettre aux étudiants de comprendre les enjeux contemporains du climat et de l’environnement, leur impact sur les entreprises, et comment ces dernières peuvent s’adapter et mettre en oeuvre des stratégies durables. Et ce, à travers des cours dispensées par des professeurs et des professionnels du secteur. Nous proposons deux grands types de cours : des cours qui vont familiariser les élèves avec les grands enjeux environnementaux, énergétiques, climatiques (marchés de l’énergie, du carbone, technologies vertes, contraintes naturelles et règlementaires, etc.), et des cours montrant les leviers d’action pour les entreprises et les types de stratégies innovantes qui peuvent être envisagées (mise en conformité, compensation carbone, rapports DD, mitigation, adaptation, innovation…).

Quel encadrement est dispensé dans cette option professionnelle ?

Il y a des intervenants prestigieux mais surtout mais surtout des intervenants passionnés. Ce domaine réunit souvent des gens qui ont des idées chevillées au corps, et qui essaient de les mettre en application dans leurs business. Nous avons, par exemple, un consultant senior de NERA Consulting (1er groupe mondial de consulting économique), basé à Londres, spécialisé énergie-climat. Il était auparavant « M. Carbone » au niveau mondial chez Accenture. Une vraie référence. Nous sommes très fiers qu’il nous accompagne.

Nous avons aussi la chance d’avoir Jan Jonker, professeur de Management dans une business school néerlandaise (Radboud University Nijmegen), et responsable de la chaire « Sustainable Entrepreneurship » à TBS. Il est spécialiste de la responsabilité sociale des entreprises et des « new business models », et a écrit plus de 15 ouvrages. Il est actuellement titulaire de la chaire Pierre de Fermat.

A quels métiers prépare cette option professionnelle ?

Les métiers du développement durable sont encore peu visibles et mal identifiés, même s’ils existent. En particulier, pour les fonctions de manager. Un petit tour sur LinkedIn permet de s’en convaincre très rapidement. J’ai détaillé les débouchés dans le syllabus. On peut identifier trois grands types de débouchés : les directions développement durable de grands groupes, les cabinets de conseils (généralistes et spécialistes) et les acteurs du développement durable (énergies renouvelables, gestion des déchets, etc.).

Avez-vous vous des exemples de beaux parcours ?

Je gère à TBS des programmes liés au développement durable depuis 2004.  J’ai vu passer pas mal d’élèves, et j’ai vu des débuts de carrières dont je suis très fier (nous avons monté un groupe sur LinkedIn qui peut donner un aperçu). Par exemple, une alumni est responsable du pôle développement durable chez BRAKE, n°1 sur le marché anglais des produits alimentaires pour restaurateurs, collectivités et traiteurs. Un autre diplômé est directeur pilotage et performance à La Banque Postale, ce qui lui permet de contrôler de près la mise en œuvre opérationnelle des stratégies de RSE du groupe. Je suis d’ailleurs très fier de pouvoir compter ces deux alumni parmi les intervenants de mon OP.

Que diriez-vous à un étudiant pour le convaincre d’intégrer votre option professionnelle  ?

Je ne cherche pas à convaincre les étudiants : tout choix d’option professionnelle peut mener à un très bon début de carrière. Je dirais juste que si un étudiant pense que notre environnement, nos ressources naturelles, notre climat sont en danger, et que les entreprises sont une clé pour changer la donne, alors, cette OP est une opportunité pour lui de jouer un rôle dans ce grand défi.

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