Olivia Lans Hebrard

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Date de publication : Mardi 1 Octobre 2013

L'art ou la mode ?
Interview

Nous sommes fin mai 2011, un dimanche plus exactement. Olivia Lans Hebrard passe devant un tableau dans la galerie d’art d’un ami. Elle s’arrête, c’est le coup de foudre. À tel point que sa vie ne sera plus jamais la même... Olivia Lans Hebrard, diplômée de l’Executive MBA (promo 2013) se lance dans l’aventure d’Arborati alors qu’elle rejoint l'Executive MBA de Toulouse Business School.

Son objectif : acquérir des connaissances, intégrer l’incubateur, se donner un cadre tout en se formant en tant que manager !

Peux-tu nous rappeler ton parcours ?

Mon parcours est très varié, et finalement cela me sert énormément aujourd’hui dans mon rôle d'entrepreneuse. Attirée depuis toujours par le rôle des entreprises, je me suis lancée dans une formation d'expertise comptable, un cursus de 5 ans avec le DESCF, pour pouvoir aider les entreprises, les conseiller, et partager leur aventure.

Ensuite, réalisant que j'aimais particulièrement la notion du produit, j'ai poursuivi par un mastère qualité à l'ENSAM ( Ecole des Arts et Métiers ) et j'ai opté finalement pour une aventure au sein d'un grand groupe. Je suis donc rentrée chez Air France comme ingénieur qualité. Après 4 ans dans le groupe Air France, j'ai été embauchée par le groupe Safran, avec tout d'abord la responsabilité qualité des programmes Dassault, et ensuite j'ai eu le plaisir de participer à la naissance de programmes avions, en tant que responsable programme de l'A400M puis responsable programme manufacturing de l'A350. Et en 2011, j'ai pris mon envol, lancé ma start-up « Arborati » et je suis retournée sur les bancs d'école pour suivre l'Executive MBA de TBS et son incubateur.

L’entrepreneuriat : opportunité ou objectif de carrière ?

Le goût pour l'entrepreneuriat était bien présent depuis le lycée, mais sans jamais oser passer le cap. J'ai toujours été admirative des personnes qui arrivaient à monter un projet d'envergure, se battre pour une idée. Et finalement, ce n'est qu'après une expérience de 10 ans dans l'aéronautique que j'ai eu le fameux déclic. A force de scruter tous les projets qui se montent, les personnes qui se lancent, j'étais persuadée que je devais essayer. Et aujourd'hui, après 2 ans d'entrepreneuriat, je suis convaincue que c'est à présent mon objectif de carrière. Difficile de faire machine arrière lorsque l'on est lancée dans cette dynamique.

Pourquoi avoir postulé au sein de l’incubateur TBSeeds ?

J'ai eu en effet la chance de rentrer à l'incubateur TBSeeds, cela me permettait ainsi de donner les meilleures chances de réussite à mon projet. Disposer de conseils de professionnels, de partager l'expérience des autres entrepreneurs, de ne pas se sentir isolée dans son projet. Le choix s'est fait naturellement vers celui de TBS car Arborati n'était pas un projet technologique, et TBSeeds avait cette ouverture d'esprit que j'appréciais. Et puis c'est certain, je restais ainsi dans le giron de TBS où je pouvais échanger avec des professeurs, des étudiants, des incubés, etc.

Retour sur le double parcours « MBA / Incubateur », comment s’est-il déroulé ?

Concernant le rythme des cours avec l'incubateur, dans mon cas d'étudiante en MBA, c'était plus compliqué car les cours de l'incubateur se déroulait le jeudi après-midi et il y a eu quelques interférences avec mes cours de MBA.

Mais c'était la première session de l'incubateur donc depuis il y a eu des ajustements. Dans le cadre de l'incubateur, j'ai en effet croisé de nombreux tuteurs qui m'ont beaucoup apporté, notamment Arnaud de Latude et Servane Delanoe. Et ce qui est super, c'est que même une fois sortie de l'incubateur, j'y puise encore beaucoup de conseils. Même en suivant un MBA, j'ai vraiment appris beaucoup, et mon cours de " business plan ", entre autres choses, me sert aujourd'hui au quotidien ! Et puis c'est une période utile, où l'on expose son projet à des experts, et les premiers retours sont très instructifs et nous poussent à aller de l'avant.

Arborati, la genèse… En quoi ce projet est-il différenciant ?

Arborati, c'est une galerie d'art vivante. J'ai souhaité rendre accessible les œuvres d'art, parce que bien souvent elles sont trop chères et confinées dans des galeries d'art. Comme l'imagination est une fleur rare, Arborati propose donc des œuvres d'art, imprimées en seulement 500 exemplaires et numérotées sur différents supports (mode, accessoires, décoration ). Notre volonté : contribuer à favoriser l'accès pour tous à l'art contemporain et participer à promouvoir le talent d'artistes français avec son label "made in France culturel". Et chaque produit est accompagné de sa petite histoire, qui raconte les petites confidences de l'artiste et les secrets de fabrication, permettant de créer une complicité entre le consom'acteur et l'artiste.

L'idée est d'aborder des sujets de société à travers le regard de l'artiste, qui est souvent bien plus avant-gardiste que nous, et d'offrir du sens à travers notre engagement. Arborati est aussi avant tout un projet " TBS" car il a été monté avec plusieurs associés de MBA, et avec le soutien indéfectible de certains professeurs comme Stéphanie Lavigne et Michel Salvat. Aujourd’hui Arborati travaille en collaboration avec le M.S. Marketing  Communication.

Quel qualificatif choisirais-tu pour définir Arborati : ART ou MODE ?

Art sans hésiter ! Arborati, et si l'œuvre d'art c'était vous ? Qui a bien sûr commencé dans la mode, mais qui est aujourd'hui dans l'accessoire, et demain dans la décoration intérieure.

Un conseil pour les futurs entrepreneurs ?

Je crois que le conseil le plus vrai est de s'accrocher, de continuer à croire en son projet malgré l'effet "montagnes russes ". Et se faire accompagner, soit par un incubateur, soit par des associés ou des parrains. C'est le meilleur moyen de puiser de l'énergie et la force de continuer à avancer. Je pense qu'entreprendren c'est créer une véritable aventure humaine. Il faut la faire partager, et vous avez autant à apprendre des autres, qu'à leur apprendre aussi. Bref, ne restez pas seul !!

Arborati en 5 chiffres clés ?

Arborati distribue aujourd'hui dans 20 concept stores, en France et à l'international. Nous sommes 9 associés, et aujourd'hui suite à ce démarrage très concluant, nous sommes en train de préparer une levée de fonds.

La réussite dont tu es la plus fière ?

La magie dans le fait d'être entrepreneur, c'est qu'il y a plein de jolies petites réussites. Et pour se redonner de l'énergie, chaque petite réussite est importante : la première grosse commande, la première livraison au Japon, l'invitation à Matignon, la participation aux fameux Who's next, un article dans la presse, l'ouverture du site e-commerce, une nouvelle associée, mais aujourd’hui ce dont je suis le plus fière c'est de continuer à me battre tous les jours pour aider Arborati à se développer.

Quels sont les projets à venir ?

On croise les doigts, mais si la levée de fond se passe bien, nous pourrons ouvrir la première galerie Arborati à Toulouse en 2014 !

Olivia Lans Hebrard