Pierre-Luc Clostermann

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Date de publication : Lundi 1 Juillet 2013

Pierre-Luc Clostermann, issu du programme Grande Ecole promotion 2011 avec un parcours en section "apprentissage" en 2ème et 3ème années conclu par une OP "entrepreneuriat". J’ai pris un virage à 180° (ou presque !) à la suite de l’obtention de mon master à TBS pour faire de ma passion un métier : celle de voler. Je suis actuellement "Junior First Officer" soit co-pilote chez Ryanair basé à Pise.

Pourquoi avoir choisi le parcours "apprentissage" de TBS ?

Tout d’abord, la section apprentissage répondait à mon envie de me forger une vraie expérience en entreprise durant mes années d’école pour mettre en pratique la théorie. Après deux années de prépa HEC durant lesquelles on apprend énormément de choses mais où finalement nous ne sommes jamais dans "le monde réel" et une première année d’école très riche en termes de retour d’expérience (professeurs, anciens élèves, intervenants, forums, etc.) j’avais envie de me lancer. Cela répondait aussi à un style de vie qui me correspond et qui est d’ailleurs totalement en accord avec ma profession actuelle : l’envie de bouger et de partager mon temps entre différentes localisations et missions. Avec l’apprentissage, j’étais un mois sur deux en entreprise et à école, de ce fait je ne me lassais jamais et j’avais toujours l’impression d’apprendre à un rythme soutenu. Les journées de cours étaient concentrées, de même que mes missions en entreprise, pas le temps de s’ennuyer ! J’ai adoré cette sensation d’être dans le concret. Je pouvais relier chaque cours, chaque discipline, à ce qui se passait dans mon entreprise qui, étant en plus une PME, me permettait d’avoir un contact direct avec chaque département. Cela donne beaucoup plus de sens et d’intérêt à la théorie ! L’apprentissage a donc plus que répondu à mes attentes, je me remercie tous les jours d’avoir choisi ce cursus. Sans ça, je ne serais peut-être pas où je suis aujourd’hui !

Votre meilleur souvenir à TBS ?

Sans aucune hésitation, il s’agit du projet Delta de 1ère année qui consistait à organiser des baptêmes de l’air en avion pour des enfants atteints d’une maladie ou d’un handicap. Ce fut une extraordinaire aventure humaine qui véritablement fait passer un cap. Après 20 ans d’autonomie dans mon travail, je découvrais les problématiques du travail en groupe sur un projet de moyen terme avec tout ce que cela implique. J’ai développé des qualités qui sont primordiales, aujourd’hui, dans mon métier de pilote de ligne. Savoir écouter et prendre en compte l’avis de chacun, gérer les divergences des individus pour créer la meilleure dynamique de groupe possible, respecter des timings, rassurer les tiers-parties, avoir un sens commercial vis-à-vis des sponsors, gérer le stress et l’émotion afin qu’ils n’influent pas sur le processus de décision et enfin savoir pendre des décisions parfois difficile rapidement !

En quelques mots, quel a été votre parcours après votre diplôme ?

Dès la fin de mon apprentissage je suis parti pour l’Angleterre afin de débuter ma formation de pilote de ligne. Celle-ci a duré deux ans dont 6 mois inoubliables dans le désert d’Arizona (E-U). J’ai obtenu l’ensemble de mes diplômes et eu la chance de recevoir un email pour un entretien d’embauche de la part de Ryanair seulement 15 jours après avoir terminé. J’ai reçu une réponse positive à l’issue des tests de sélection et ai commencé ma formation sur le Boeing 737 (le type d’avion qu’exploite Ryanair) en décembre dernier à Amsterdam. J’ai terminé début mars et ai réalisé mon premier vol avec passagers le 20 mars dernier donc tout récemment !

Quels enseignements appliquez-vous au quotidien dans votre fonction actuelle ?

Beaucoup d’entres eux. En ESC nous apprenons à savoir nous adapter aux situations, à savoir travailler et gérer une équipe, à développer des qualités d’organisation et de synthèse. C’est un métier où la prise de décision rapide, l’anticipation des problèmes, la gestion des délais et les qualités d’écoute et de communication sont primordiales d’autant plus que tous les jours, je vole avec un commandant de bord et du personnel navigant commercial différents. TBS m’a donc donné de très bonnes bases pour rapidement réussir à me fondre dans cet environnement.

Quelle vision avez-vous du récent partenariat qui lie TBS et l’ENAC ?

Cette question est forte en symbole pour moi car elle me renvoie à mon entretien pour les oraux de TBS que j’ai passé en 2008. Nous avions commencé à parler d’aviation avec mon professeur de TBS (désolé, je n’ai pas une très bonne mémoire des noms !) et je lui avais demandé s’il y avait des projets de rapprochement avec l’ENAC afin de créer des synergies et développer des doubles diplômes ingé-commercial spécialisés dans le secteur aérien. Il m’avait répondu que non mais, qu’effectivement, l'idée était très pertinente. J’ai ainsi vraiment été heureux d’apprendre, en Juin dernier, la création de ce partenariat qui a un énorme potentiel selon moi et répond à une vraie demande. Le secteur de l’aérien à besoin de profils TBS pour toutes les qualités qu’on y développe et dont j’ai parlé plus haut. Cependant, une formation technique est indispensable afin d’optimiser l’usage de nos compétences ! L’aérien a surement été le secteur le plus dynamique en terme de croissance et d’emploi au plan national ces dernières années, et ceci est encore plus vrai sur la région Midi-Pyrénées. Il faut réaliser une chose : le monde de l’aviation commercial dans l’esprit de tous se résume à deux noms, Boeing et Airbus et à deux villes connues dans le monde entier : Seattle et Toulouse. Si TBS veut devenir une ESC de renommée mondial et attirer les meilleurs talents, elle doit être la référence Européenne si ce n’est mondiale dans la formation au management du transport aérien et elle a toutes les armes pour le devenir. La réponse est donc évidente : OUI j’aurai été extrêmement intéressé par ce parcours.

Quels sont vos projets à venir ?

Le plus important pour moi sur le moyen terme consiste à consolider mes connaissances de l’avion, gagner en expérience et progresser toujours un peu plus dans la gestion du vol dans son ensemble afin de gagner en sérénité et en efficacité. Chez Ryanair, nous avons la chance que la compagnie mise beaucoup sur ses « cadets » et propose aux co-pilotes de passer commandant de bord dès qu’ils en ont les capacités et l’expérience nécessaire (après 4 ou 5 ans environ). Ryanair va continuer de croître de manière exponentielle dans les quelques années à venir avec 175 nouveaux avions qui arrivent et plus de 65 bases partout en Europe et au Maroc. Il y aura ainsi, de fait, de très nombreuses opportunités, à moi de savoir les saisir mais le défi est excitant et stimulant !